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Cathédrale Saint-Lambert-et-Notre-Dame

De la cathédrale à la place Saint-Lambert
Histoire d’un nivellement, mémoire d’une absence

Ruines et politique

Par Philippe Raxhon

 

Aujourd'hui encore, la destruction de la cathédrale Saint-Lambert est l'événement que les Liégeois retiennent de la Révolution, même si, en son temps, il n'avait guère suscité de réactions au sein de la population. Quant à leurs historiens, il n'en est pas un chez qui ne se découvre un soupçon de mélancolie, un voile de regret dans les paroles. Comme si, au-delà des clivages, le chef-d'œuvre finissait toujours par rassembler autour de lui. Ainsi, la démolition de la cathédrale est l'exemple même des conséquences du vandalisme révolutionnaire liégeois. Et que devons-nous entendre par vandalisme envers la cathédrale Saint-Lambert qui fut démontée ?

De fait, encore faut-il définir cette notion de vandalisme, car il s'agit d'un mot inventé par les conventionnels eux-mêmes, convaincus pour leur part que les chefs-d'œuvre du genre humain et le patrimoine national devaient être conservés, protégés, entretenus et exposés, d'où la création des musées comme celui du Louvre (novembre 1793) ou encore des Archives nationales.

Ceci dit, ce qu'il est convenu d'appeler le vandalisme révolutionnaire s'inscrira dans une logique politique, et la cathédrale Saint-Lambert y assumera pleinement sa place comme point de repère historiographique. L'insistance sur le vandalisme révolutionnaire, avec l'éclatant cas liégeois, a une fonction précise dans le débat politique belge et le conflit entre libéraux et catholiques, ces derniers sachant très bien faire usage de cette thématique : Plus d'églises ! Il ne s'agit plus de combattre le cléricalisme, le pouvoir occulte, l'arrogance sacerdotale, d'assurer l'indépendance du pouvoir civil, voire même de repousser l'ultramontanisme, il s'agit de détruire les églises, c'est-à-dire d'extirper la religion elle-même. Voilà nos populations averties ! Voilà le vrai programme libéral mis au jour. Plus d'églises, partant plus de sacerdoce, plus de religion publiquement pratiquée, l'athéisme social règne sur les ruines de nos cathédrales. Telle est bien la doctrine maçonnique que le libéralisme est chargé de réaliser successivement. Adversaire de tout culte, négation de tout ordre surnaturel, la maçonnerie ne reconnaît que l'homme, l'humain, et encore dans l'homme elle ne veut voir que le mécanisme. La philosophie maçonnique, en fin de compte, aboutit au matérialisme ; sa politique réalisant la philosophie est nécessairement antireligieuse (Gazette de Liège, 2 août 1881).

Mais ce thème du vandalisme révolutionnaire implique un regard sur celui de la ruine, fort intéressant dans le cadre de notre démarche. Ce dernier 47 conditionne celui d'un retour à l'animalité à travers l'action révolutionnaire, qui est en définitive la traduction d'un instinct sauvage de destruction. Ainsi une cathédrale peut être à la merci d'hommes à demi-sauvages (Anonyme, 1861). À partir de cette constatation, les catholiques seront à la recherche de l'éclat et même de la beauté de la ruine révolutionnaire comme revanche de la survivance et prélude de la renaissance 48. La mise en ruine est alors une mise en scène, un acte de naissance, et la ruine reste la pierre sur laquelle on peut rebâtir une Église. Ainsi le monastère des moines de Saint-Benoît à Saint-Trond fut ravagé en 1796, mais on reconstruisit le petit séminaire 49 à son emplacement même. Ce qui fit dire à Amicus [Demarteau] : Leur mémoire [celle des moines victimes] revit d'ailleurs dans cet admirable petit séminaire que Monseigneur Van Bommel fit ériger en 1840 sur la place de l'antique monastère, en utilisant toutes les parties qui avaient échappé au marteau des démolisseurs. L'Église de Liège, disait Monseigneur Cartuyvels, est de (sic) grande maison ; elle élève ses enfants dans une demeure historique 50.

En contrepoint, la restauration des ruines datant de la Révolution peut inquiéter des socialistes, comme Léon Troclet, qui confie : Orval, val d'or, depuis un siècle tu dormais tranquille, sans qu'un souffle de superstition vînt troubler chez toi la Nature. Jusqu'à certain point, tes ruines nous plaisaient cependant, parce qu'autant de témoins du ténébreux Passé, comme autant d'enseignements, autant de leçons pour le lumineux Avenir. Demain, hélas ! tu seras redevenu le domaine de l'Ennemi, le fief du Moine. Des abbés autoritaires et des évêques quelconques de Liège et de Namur vont à nouveau se prélasser, se réconforter dans la grande salle des festins reconstruite 51.

La démolition des édifices religieux liégeois, et la cathédrale Saint-Lambert est évidemment le plus célèbre d'entre eux, est alors perçue par les catholiques comme l'aboutissement et la fin d'un monde certes, mais aussi comme un point de départ, parce que les traces, parcelles de mémoire, sont des étincelles de vérités sauvées de la pioche, métaphore du destin du catholicisme dans la société des libertés modernes. Cette excroissance monumentale que constituent des ruines sur un sol est appréciée comme le signe d'une croissance à venir, c'est-à-dire qui reviendra. La ruine est chantier et non désert ; son enjeu littéraire ou artistique est politique : L'Église est forte [...], les gouvernements hostiles ne croient pas pouvoir se passer du concours des plus mauvais éléments dans la guerre qui (sic) lui déclarent. Mais cette alliance impure lui (sic) portera malheur. La démagogie les dévorera. Elle servira d'instrument inconscient à la justice divine. Elle renversera, elle détruira, elle brûlera : seule l'Église échappera à sa fureur et elle pourra recommencer, après ce nouveau passage des barbares, son œuvre de reconstruction, et faire sortir la vie des ruines accumulées. Sous ce rapport, notre libéralisme belge agit comme l'absolutisme césarien. Vous le voyez continuer sa propagande irréligieuse parmi les populations et de concert avec l'Internationale, les ameuter contre le clergé. Comme les organes les plus fanatiques, comme la Commune ils réclament aujourd'hui encore l'expulsion du prêtre de l'école, la séparation de l'Église et de l'État 52.

C'est sur ses propres ruines que l'Église catholique se renforcera dans une Europe en mutation, au travers de la fracture révolutionnaire, portée par sa permanence ; et l'idée de restauration de ces ruines, au-delà de la volonté culturelle qu'elle implique, comporte des références à un pouvoir en lutte ouverte contre d'autres pouvoirs. La pierre possède - conserve - une forte énergie symbolique dans le discours chrétien, pierre qui est à l'origine d'un des premiers et plus formidables jeux de mots de l'histoire, si lourd de sens. Et la cathédrale Saint-Lambert, c'était l'harmonie qu'un ensemble de pierres peut donner à la vertu d'une idée, l'idée de Dieu 53.

Les projets de restauration artistique prennent alors une tournure politico-religieuse. Jules Helbig 54, historien catholique, constate : On sait que la Belgique possède encore un petit nombre de ruines d'abbayes, d'églises, de châteaux féodaux dont l'état de ruines date généralement de la même époque, celle de la Révolution. Si on les abandonne à leur destinée, ils ne tarderont pas à disparaître du sol [...]. Et de poursuivre en remerciant le gouvernement catholique homogène belge pour ses allocations accordées à la Commission royale des monuments pour des travaux de consolidation, de déblais et de fouilles : Semblable préoccupation et les soins donnés à cette catégorie de monuments ne semblent pas le fait d'esprits terre à terre absorbés tout entiers par le soin des intérêts matériels (Anonyme, 1901b). C'est encore plus clair quand la Gazette de Liège affirme, au moment du centenaire de la Révolution liégeoise : En matière de restauration, notre architecture officielle reste, au pays belge, en arrière sur la religieuse, et nulle part peut-être plus en arrière qu'à Liège ! Cela tient à diverses causes qui pourraient bien toutes se résumer en une seule : la domination sous contrôle du libéralisme homogène. La raison qui en est donnée est simple ; elle profile les conceptions artistiques sur un axe politique : Il n'y a pas à le contester : l'architecture nationale chez nous, l'architecture appropriée à notre climat, à nos matériaux, à nos besoins, à nos sentiments, est celle du Moyen Âge. C'est l'art chrétien, et ce titre seul la rend suspecte ou tout au moins indifférente aux hommes de l'opinion administrativement dominante. Faites donc étudier, goûter, reproduire les œuvres et les procédés du treizième voire du seizième siècle, si supérieurs soient-ils aux modernes, par des braves gens qui ne veulent dater que de 1789 ! (Gazette de Liège, 6-7 avril 1889). Ce qu'avait confirmé l'abbé De Bruyn, vicaire aux Minimes, président du Comité archéologique du Brabant : Lorsque enfin la révolution de 1830 eut rendu à la Belgique son autonomie et qu'elle eut affranchi le culte de tous les obstacles qui entravaient son exercice, on vit s'ouvrir une nouvelle ère pour l'art chrétien. De toute part on déploya la plus grande activité dans la construction et la restauration de nos églises. Depuis trois siècles, on avait brisé le fil des traditions chrétiennes et répudié la beauté et la pureté des anciens modèles, pour affubler nos temples et nos ornements du culte d'un vêtement emprunté tour à tour à l'anatomie savante du paganisme et à la coquette débauche de l'époque de Louis XV. Il était plus que temps qu'une réaction vint purifier nos sanctuaires des souillures qu'on leur avait faites (De Bruyn, 1869, p. 351).

La démarche catholique belge implique une origine politique de l'histoire de l'art et de l'archéologie dans le travail de relèvement des ruines ; d'Otreppe de Bouvette assume lui aussi cette démarche : De notre régénération politique est sorti fortifié, plus ardent, l'amour du sol natal ; de là, un retour vers le passé assez longtemps dédaigné, mis en oubli ; de là, l'archéologie creusant aujourd'hui le sol, fouillant les ruines, fondant les musées d'antiquités... (d'Otreppe de Bouvette, 1871). Restauration et politique religieuse sont étroitement liées et constituent une filière par où s'exprime un sentiment catholique. Ainsi, à propos de la restauration de l'église Saint-Jacques à Liège, délabrée après avoir servi d'écurie aux troupes françaises, Joseph Coenen note que ce sera une des gloires de Léopold Ier d'avoir, après sa visite de 1832, provoqué la restauration de notre plus belle basilique (Coenen, [1923], p. 16). Compte tenu de l'enjeu politique du principe de restauration artistique des monuments religieux, la ruine en tant que telle doit fortifier le désir d'être chrétien, et l'alliage entre ce désir et la volonté de reconstitution va de pair avec une affirmation idéologique de la suprématie de la pensée religieuse sur la pensée laïque.

Dès lors, l'absence de restauration est perçue comme une violation de la mémoire, comme une victoire de la nature remportée sur les hommes dans le prolongement de leur action sacrilège. Évoquant le cas de l'église de l'abbaye de Villers (Brabant), la Gazette de Liège se pose le problème : Comment on s'est laissé aller à ne pas enrayer l'œuvre de destruction commencée par les troupes de la première République et confirmée par les ans, sous la morsure des vents et de la pluie, c'est ce qu'il serait difficile sinon impossible d'expliquer. Comment, même à défaut d'une restauration, peut-être considérée comme trop onéreuse, on ne s'est pas décidé à consolider les ruines majestueuses [...] 55. La ruine c'est la survivance 56 comme point de repère d'un recommencement : Tel petit village, petit trou naguère ignoré, n'est-il pas devenu un sanctuaire vénéré des pèlerins de l'esthétique pour une église ogivale ou romane, une vieille maison branlante, moins encore un détail d'architecture ou de décoration échappé aux vandales ! (V. Z., 1901). Et ce souci de conservation, de restauration, de respect des restes est né des cendres révolutionnaires. Ce souci est le fruit d'une leçon historique, et en cela la chrétienté a fait un pas en avant, car les temps ont peut-être changé : Mais toute l'Europe intelligente se coaliserait si des monstres à face humaine entreprenaient la démolition de notre cathédrale Saint-Lambert encore debout [...] sous quelque monstrueux prétexte révolutionnaire ou dans un but bourgeoisement pratique 57.

Et qui pense restauration de monuments à Liège, pense immanquablement au triste sort de Saint-Lambert. Lorsqu'on évoque les pillages révolutionnaires dans la région de Stavelot, récit est encore fait de la destruction de Saint-Lambert comme modèle de l'expression vandale (Anonyme, 1881). Il en est de même quand on fait mention des ruines du château de Franchimont, et de la stupide manie de détruire les monuments du passé, comme pour en abolir même le souvenir 58, évocation est faite de la démolition de la cathédrale liégeoise et du poète Simonon qui la pleura.

Le vandalisme révolutionnaire s'en est pris aux monuments religieux, mais aussi aux reliques qu'ils contenaient, objets de mémoire de la foi chrétienne. Celles qui furent sauvées n'en sont que plus estimables, comme la châsse de saint Lambert, le plus précieux héritage de l'ancienne cathédrale de saint Lambert 59. Au même titre que la ruine, la relique relie à la fois ce qui a disparu et ce qui va renaître. Grâce aux reliques sauvées de la tourmente révolutionnaire, l'Église peut revendiquer sa fonction de conservation, sa qualité de permanence, sa raison d'être et sa justification dans la durée, ses vérités confirmées par la traversée des époques.

La relique confirme la survivance du culte aux aléas politiques. Il faut donc la montrer lors des pèlerinages et cette démonstration, particulièrement dans le cas des reliques de saint Lambert, est une réponse à la Révolution française et l'expression d'une forme du souvenir qui se manifeste par rapport à l'impact révolutionnaire : Pillages des Normands, pillages des discordes civiles, pillage du téméraire, pillages de la Révolution française auraient dû disperser leur poussière [celle des reliques de la cathédrale] aux quatre vents du ciel. Il n'en est rien : tout a changé autour de cette poussière sacrée : générations, états, institutions ; plus une pierre ne reste des monuments contemporains du jour où elle a été portée sur les autels ; maintes fois les revêtements précieux, les trésors dont la piété l'enrichissait lui ont été ravis, et de l'antique cathédrale qui l'abrita si longtemps sous ses arceaux splendides, les ruines même ont péri ! La poussière sainte cependant a triomphé de tout, elle reparaît vénérée aujourd'hui comme il y a mille ans ; son exposition demeure l'ornement de nos fêtes, et dès que le danger nous menace, c'est toujours vers les protecteurs immortels, dont la terre n'a gardé que ces débris, que se tournent naturellement les supplications de la foule ! Ah ! c'est qu'aussi, Liège est née en quelque sorte des traces de ces saints, de cette poussière et des pèlerinages dont elle a été le but sacré (Anonyme, 1870). Dès lors, on a pu, par une longue suite d'actes de vandalisme barbare, renverser cette église de saint Lambert, l'origine, le centre, le cœur, l'orgueil artistique de la ville, et remplacer cette cathédrale admirable, devant le palais de Liège, par une place vide. Les reliques du saint, du moins, nous sont restées, les unes pour reposer enfin dans la magnifique châsse préparée à l'occasion du douzième centenaire, les autres, son crâne sacré, conservées dans le buste ciselé par Henri Zutman, pour l'un de nos plus grands princes-évêques, le cardinal Erard de la Marck. [...] De là ses fondations en faveur de cette procession, commémoration annuelle de la translation de Maastricht à Liège par saint Hubert. De là ce buste incomparable, le plus riche joyau de cette cathédrale, qui fut offert pour la première fois dans nos rues [...] à la vénération du peuple, il y a trois cent quatre-vingt-six ans, le 28 avril 1512. Après quatre siècles, quel Liégeois ne sent encore, en le voyant passer dans nos rues, que c'est l'image même de la patrie, et la représentation de tout ce qui a fait sa gloire, sa force et sa vertu (Demarteau, 1896, p. 46-47).

On voit dans ce texte combien le souvenir de saint Lambert, le culte de ses reliques et les processions qui y sont associées participent à l'élaboration d'une référence historique forcément antirévolutionnaire.

La destruction des monuments et des œuvres d'art par la Révolution a pleinement imprégné la mémoire catholique au point que, lorsque le récit est développé d'un accident comme l'incendie du château de Beauraing le 3 décembre 1889, rappel est fait d'un premier incendie en 1793, allumé par des révolutionnaires (Gazette de Liège, 4 décembre 1889). Il y a ici une relation établie entre l'incendie accidentel du château, et les événements révolutionnaires antérieurs, référence spontanée pour illustrer la gravité du drame, mais surtout insister sur le caractère funeste du sort. Il y a association entre cet accident et une action volontaire d'origine humaine, en l'occurrence révolutionnaire. Ce qui importe donc, ce que la mémoire appréhende, ce sont les effets de l'incendie dans les analogies qu'ils inspirent, et non ses causes. Le spectacle, le rapport du souvenir au spectacle de la catastrophe priment sur l'analyse des faits et leur unicité. Ce sont des confusions - ou des réactions - qui méritent mieux que de rester des détails. Elles nous informent subrepticement d'un état de mentalité.

Notes :

  1. La ruine a une dimension morale : Qu'est-ce que une ruine quelconque, si ce n'est souvent le témoin sévère et irrécusable d'une faute commise ou expiée, d'une honte subie ou rachetée ? (Stebert, 1867, p. 4).
  2. On peut d'ailleurs y célébrer des concerts de musique, et en rendre compte, comme La Meuse le fait le 12 août 1891 pour un concert qui eut lieu aux ruines de l'abbaye d'Orval le 9 août précédent. Remarquons que l'abbaye d'Orval occupe une place non négligeable dans la thématique de la ruine révolutionnaire (Jeantin, 1857; Tillière, 1897). Par ailleurs, la ruine révolutionnaire conserve un cachet de monument sacré et violé, propice aux analogies, comme en témoigne la Gazette de Liège du 13 juillet 1881 qui évoque une manifestation libérale dans les ruines de l'abbaye de Villers : ... les tristes et religieuses ruines de l'abbaye de Villers, théâtre jadis du vandalisme sans-culottique, ont été profanées par une fête libérale. Des sociétés gueuses qui s'intitulent le Progrès, etc., etc. et qui déclarent hautement s'intéresser à l'éducation des masses [...] s'y étaient donné rendez-vous...
  3. D'où sortit Joseph Daris, le grand historien catholique de la Révolution liégeoise, mais aussi son maître Charles Pollet qui consacra des pages à cette révolution.
  4. Amicus [Demarteau], 1911. Ainsi dans l'ancienne chapelle de Juslenville, qui date de 1821, se trouvent dans ses vitraux des blasons qui proviendraient de débris de verrières de la cathédrale Saint-Lambert (Meunier, 1929, p. 29).
  5. Signé Crayon-rouge, 1901.
  6. Gazette de Liège, 3 novembre 1871. La Commune de Paris est encore dans tous les esprits.
  7. Dans cette perspective, si Napoléon a autorisé l'épiscopat à relever les pierres éparses du sanctuaire, c'est parce qu'il a reconnu l'autorité du chef de l'Église par le Concordat (Gazette de Liège, 3 novembre 1871).
  8. Qui, rappelons-le, est le plus vigoureux des auteurs catholiques à relancer l'idée d'un Defrance coupable de la démolition de Saint-Lambert (Helbig, 1872, p. 310-315). Jules Helbig fut l'un des plus actifs conférenciers catholiques contre la célébration du centenaire de la Révolution liégeoise.
  9. Gazette de Liège, 12 novembre 1891. Une restauration doit bien avoir une fonction de renaissance : Et, toujours plus, on se sent envahir par un respect religieux pour ce passé de travail et de prière, de méditation et d'étude, et pour l'existence écoulée de tous ces moines, savants inconnus, artistes anonymes, qui dorment sous les dalles brisées, sous l'herbe haute, au milieu de toutes ces choses-mortes comme eux.
  10. Même si la ruine doit assumer son rôle et son destin de ruine pour faciliter l'accès de l'histoire à la légende. Léon Béthune témoigne de cette situation : Les Liégeois, débarrassés enfin de la domination étrangère, reconnaissaient mieux que jamais le prix de la liberté et semblaient repris d'un nouvel amour pour leur ancien monument national. C'est ainsi qu'ils gardèrent longtemps ces vestiges aux environs de l'endroit occupé maintenant par la fontaine de fer, et quand ils durent à la fin les enlever pour embellir la place du Marché, ils décidèrent de les réédifier au local de l'Académie de peinture : mais les pierres de sable séculaires ne purent résister à ce travail, elles se brisèrent dans les mains des ouvriers. Ainsi retourna en poussière le dernier reste de la cathédrale Saint-Lambert (Béthune, 1974, XIII).
  11. V. Z., 1901. Et un peu plus loin : Nous avons voulu nous persuader que nous avions progressé depuis ces temps de vandalisme idiot, et que aujourd'hui, on ne pourrait même plus songer à pareil delenda Carthago.
  12. Anonyme, 1901a. Sur le château de Franchimont, voir Hoffsummer, 1982.
  13. C., 1861. Récit est fait du sauvetage des reliques pendant la Révolution. L'auteur conclut : Nous nous sommes étendus à dessein sur ces détails historiques pour faire connaître par un exemple la manière dont la plupart de nos reliques ont échappé à la destruction révolutionnaire, et les soins minutieux apportés par l'Église à constater l'intégrité de ces précieux dépôts.

 

SUITE è

 

 
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