Accueil
Le Trésor
    Informations
    Présentation
    Visites guidées
Œuvres majeures
    Reliquaire Téméraire
    Buste saint Lambert
    Ivoire Résurrections
    Autres œuvres
Cathédrales
    Saint-Lambert
    Saint-Paul
    Diaporama
Principauté
Boutique
    Feuillets
    Divers
Actualités
    Agenda
    Événements
    Travaux d'extension
Presse
Liens
    Partenaires
    Liens divers
Bloc-Notes
Newsletter
Amis du Trésor
Sponsoring et mécénat
Contacts

 

Cathédrale Saint-Lambert-et-Notre-Dame

De la cathédrale à la place Saint-Lambert
Histoire d’un nivellement, mémoire d’une absence

Reconstitution de la cathédrale

Par Philippe Raxhon

 

La passion lyrique pour la ruine et son contenu politique prendra sa véritable ampleur avec le style néogothique 60, fervent mouvement artistique à Liège, dominant à la fin du xixe siècle, à partir des années 1880, dans le contexte d’une présence catholique au pouvoir national. Toutefois l’historicisme néogothique n’est pas explicitement politique, et n’est donc pas une manifestation politique au sens restreint du terme. En est-il pour autant neutre ? Son purisme est-il délibérément détaché d’une conjoncture ? Justement non, car la résurrection médiévale qui intègre le néogothique dans l’art et la littérature n’est pas le fruit d’une mode éphémère et relève plus de la nécessité que du hasard. Point n’est question de retracer ici les origines du néogothique (Germann, 1972 ; Colman, 1986), notamment dans le romantisme anglo-saxon, mais de mesurer la présence du souvenir révolutionnaire dans son impact liégeois.

D’emblée, il faut constater que le néogothique liégeois, comme c’est le cas d’une manière générale dans l’imagerie religieuse belge au xixe siècle, ignora le souvenir révolutionnaire mais aussi contre-révolutionnaire, avec le mythe de la " Vendée belge " dans ses représentations iconographiques ou architecturales, où même la suggestion est absente (Pirotte, 1988). Le néogothique bannit de ses supports l’œuvre révolutionnaire comme sa légende noire. Il s’agit véritablement d’un renouveau gothique épuré d’un éventuel passif révolutionnaire. Cette manifestation artistique est aussi un art du silence par le tri de ses propres références figuratives telles qu’elles constituent le néogothique liégeois, en contraste avec la vitalité et même la démesure du discours historiographique et politique catholique, antirévolutionnaire à outrance. En somme, l’image est plus discrète que la parole. Elle est investie d’une plénitude détachée qu’autorise l’expression artistique, vécue comme autosuffisante pour imposer les rites d’une remémoration. Ceci dit, la première bonne raison liégeoise pour justifier cet engouement pour le néogothique demeure le passé principautaire dont la fin, le décès, est justement attaché à la démolition de la cathédrale Saint-Lambert. La seconde raison se nourrira de la première dans son expression historiographique, elle concerne la percée catholique, sur un mode constitutionnel, dans le territoire de la politique nationale belge, compte tenu des mutations internes de fond du parti catholique d’où émergera la puissante démocratie chrétienne liégeoise, dans un contexte de rejet de l’œuvre révolutionnaire française. La cathédrale Saint-Lambert, malgré une paradoxale absence de reconstruction artistique dans l’expression néogothique – aucun peintre ne s’étant risqué comme Ingres à la rebâtir sur sa toile –, reste néanmoins au centre de la sensibilité et de l’exubérance néogothiques liégeoises.

Les représentations des ruines de la cathédrale par, entre autres, Joseph Dreppe 61 ou J.-G. Tahan ont facilité l’accès à la nostalgique saveur du néogothique : Il y avait [...] dans ces ruines insolites dont les murailles à vif, privées de couvertures depuis 1794, se dressaient au cœur de la cité, de quoi faire vibrer la sensibilité romantique naissante et satisfaire, en même temps, les esprits imprégnés déjà de curiosité archéologique. Paraissant abandonné à l’action de la nature, alors que sa ruine avait été voulue par les hommes, le monument prit place parmi les stéréotypes du romantisme liégeois ; sous la plume, le crayon ou le pinceau de nombreux artistes – tant locaux qu’étrangers – il devint en même temps pour Liège l’un des premiers pôles d’intérêt de l’historicisme (Lemeunier, 1990, p. 4). Mais, et soulignons-le encore, le néogothique, qui est pourtant une mise en pratique, en image, d’un souci de renaissance suggéré par la ruine, n’a pas invité les artistes à la réalisation de reconstructions picturales imaginaires, autres que celle d’Ingres, de la cathédrale Saint-Lambert aux xixe et xxe siècles, qui seraient justement le témoignage d’une sensibilité mémorielle particulière dans la foulée du néogothique. En d’autres termes, a-t-on massivement rebâti la cathédrale Saint-Lambert sur des supports autres que celui de l’actuelle place vide qui porte son nom ? La réponse est non 62. Toutefois on ne peut taire ici l’initiative de Gustave Ruhl 63, qui, dans sa maquette de la ville de Liège au xviiie siècle, qui date de 1905 64, aujourd’hui exposée à l’Université de Liège, a reproduit la cathédrale Saint-Lambert. La conservation par l’érection s’est faite réduction. La cathédrale est, au sens fort, un modèle réduit, mais implique un procédé plastique de survivance et de remémoration à la fois tragique et sensible 65.

Ceci dit, le néogothique n’est pas propice à la reconstruction imaginaire de la cathédrale – hormis quelques tentatives antérieures, comme l’édification en 1810 et 1811 de la tour et de la flèche de la cathédrale Saint-Paul inspirées par celles de la cathédrale Saint-Lambert – et c’est en fait la pose, en 1843, de la chaire de vérité de la cathédrale Saint-Paul qui inaugure le néogothique liégeois, à l’heure où la référence au passé national belge prend une dimension monumentale par l’érection statuaire ou le baptême de rues, à l’heure aussi où la bipolarisation, ou polarisation, de la vie politique belge se profile avec une netteté que ne démentiront plus les faits après 1850, qui marquent à la fois l’envol de cette expression néogothique et l’épanchement historiographique autour de la question révolutionnaire française. Ici la chronologie vient à la rescousse de l’historien des mentalités pour révéler la concordance d’attitudes collectives qui s’expriment dans des dimensions diverses, mais où, en définitive, s’accomplit un même enjeu mémoriel à travers le triple mouvement de référence au passé, de complexité accrue du discours relatif à ce passé, et de l’exacerbation des tensions politiques et sociales.

Nous avons jeté un coup d’œil sur l’enjeu politique de la ruine et de sa restauration – mot chargé de sens s’il en fut, aussi peu docile que celui de révolution dont il est le pendant – pour comprendre le mouvement qui accompagne la réalité, le réalisme du néogothique. Dans le cadre qui est le nôtre, l’exemple littéraire que nous pouvons retenir de l’expression de ce mouvement est l’œuvre de Xavier van den Steen de Jehay pour les catholiques 66, ou la troïka libérale que forment Mathieu-Lambert Polain, Ferdinand Henaux, et Ulysse Capitaine dans une moindre mesure. N’oublions pas non plus la publication à Liège en 1851 de l’ouvrage de l’allemand Hofstadt 67, et d’autres manifestations apparentées déjà examinées ailleurs (Lemeunier, 1990).

L’art médiéval vécu comme art national trouvera à Liège l’un de ses plus solides adeptes en la personne de Jules Helbig 68, que nous citons ici puisqu’il fut un des ardents adversaires, avec Godefroid Kurth, du centenaire de la Révolution liégeoise, contre lequel il s’efforcera de s’opposer par son discours soutenu. Chez lui – il n’est pas le seul à le penser – le Moyen Âge et sa renaissance néogothique sont la plus cinglante réponse à la modernité, donc à ses composantes libérales et socialistes, parce que ce fut l’âge de la foi inscrite dans la politique. En cela, le néogothique est inséparable du néocorporatisme, tel qu’il se manifeste dans l’action d’Helleputte, promoteur très chaleureux lui aussi du néogothique 69. Or le peintre religieux Jules Helbig, alors peut-être le plus concerné parmi les inspirateurs du néogothique, n’aborda jamais non plus le souvenir révolutionnaire ou contre-révolutionnaire dans son œuvre picturale, attitude à l’image d’une expression artistique qui dans son ensemble n’accorda pas de place à la mémoire révolutionnaire, qui incarne pourtant la rupture historique dont cette expression avait besoin pour trouver sa singularité et sa légitimité.

Et pourtant, la volonté de redresser les piliers de Saint-Lambert exista, et si nous avons dit plus haut que la cathédrale Saint-Lambert ne fit pas l’objet d’une construction imaginaire, il nous faut corriger cette assertion, du moins la nuancer.

La survivance du culte à travers le souvenir de la mise en ruine, liée à l’effervescence néogothique, conduira néanmoins à une réalisation architecturale qui est comme une réponse à l’absence de traces de l’antique cathédrale. Entre disparition et reconstruction, un processus de filiation mémoriel se dessine : Le sanctuaire a disparu, et le culte qu’est-il devenu, ce culte qui durant onze siècles a été pour Liège une source de gloire et de prospérité, et qui de Liège avait rayonné dans la chrétienté toute entière, comme l’attestent les nombreuses églises (plus de trois cents) élevées en l’honneur du saint martyr, dans les Pays-Bas, en Angleterre, en France, en Allemagne, à Rome même ? Hélas ! le culte a subi le même sort que le sanctuaire, et il y a quelques années à peine, un écrivain 70 qui a mis sa plume au service des plus nobles causes, traçait ces lignes attristantes : " Si quelqu’un de nos aïeux revenait dans la cité de saint Lambert, il n’y trouverait plus, je ne dis pas une église, je ne dis pas une confrérie, mais un autel seulement où se puisse allumer un cierge en l’honneur du fondateur de la cité !... ". À ce cri de douleur, inspiré par la foi la plus vive et le patriotisme le plus pur, et trop justifié par l’oubli inconcevable où est resté pendant près d’un siècle le glorieux martyr, succède quelques années plus tard un cri de joie et d’espérance : " Il va prendre fin heureusement le temps d’injuste oubli qui a suivi les désastres de la grande révolution. Les fêtes du jubilé centenaire du martyre seront à Liège le grand événement de la prochaine année et par une heureuse inspiration un temple nouveau, dédié à saint Lambert, va cette année même sortir du sol liégeois pour rappeler au moins dans une certaine mesure le grand monument d’autrefois " (Anonyme, 1898, p.35).

La fête commémorative chrétienne décrite ci-dessus apparaît comme une conséquence de l’absence de cathédrale et de la perdition du culte, et conduit à la reconstruction, à l’initiative de religieux, oblats de Marie Immaculée venus de France pour s’installer à Liège, qui souhaitaient bâtir une église — aux dimensions évidemment plus modestes 71 – de Saint-Lambert. Les justifications de cet acte nous montrent l’étroite accointance entre souvenir et renaissance, monument et expression culturelle, objet et parole : ... le culte du glorieux saint Lambert a disparu, les manifestations extérieures de ce culte ont cessé ; faisons revivre ce culte ! – la vieille cathédrale n’est plus : rebâtissons-la ! Car un culte onze fois séculaire ne saurait ainsi s’éteindre ; le patron de Liège, l’insigne bienfaiteur du peuple liégeois ne saurait ainsi tomber dans l’oubli. Un sanctuaire ne périt point. Un sanctuaire, c’est plus qu’une église. L’homme peut bâtir une église, Dieu seul peut faire un sanctuaire. Car le sanctuaire, c’est un lieu prédestiné, consacré par une manifestation particulière de la miséricorde de Dieu, ou sanctifié par le séjour d’un saint, par les vertus qu’il y a pratiquées, ou par l’effusion de son sang généreux. Si l’homme est impuissant à faire un sanctuaire, il est également impuissant à le détruire. Il s’attache au lieu même et aux pierres du sanctuaire je ne sais quelle vertu secrète, je ne sais quelle onction céleste, que rien ne peut effacer. On peut démolir l’édifice matériel, en disperser les pierres, le sanctuaire subsiste toujours, et toujours il demeure le théâtre privilégié des miséricordes de Dieu et de ses saints. La basilique séculaire a disparu ; déplorons ces ruines et ces profanations, mais sans découragement : dans la cité de saint Lambert élevons à saint Lambert un nouveau temple ; faisons-le aussi grand, aussi riche, que le permettent nos faibles ressources. Puis, dans tous les cœurs, par la prédication, par les cérémonies du culte, ravivons la foi des Liégeois et leur confiance dans le patron de leur cité. Rebâtissons le temple, faisons revivre le culte ! 72

Encouragés par l’épiscopat liégeois, les religieux firent aboutir leur projet, et la pose de la première pierre eut lieu le 17 septembre 1895, en la fête de saint Lambert, mais aussi exactement un siècle après les travaux de démolition de la cathédrale originelle, et surtout la réunion définitive du pays de Liège à la France, le 1er octobre 1795. L’érection de la nouvelle église Saint-Lambert apparaît bien comme une contre-commémoration catholique. Et ce n’est pas un hasard si le 11 septembre 1896, durant les fêtes du centenaire, les fidèles qui transportèrent en cortège les reliques de saint Lambert depuis la cathédrale Saint-Paul jusqu’à l’église des oblats en voie d’achèvement, purent entendre Monseigneur Cartuyvels parler de ce monument de la réparation en insistant : Des mains françaises s’étaient unies aux mains liégeoises pour renverser le temple historique d’autrefois. Providentiel retour ! des mains françaises 73 s’unissent aujourd’hui pour le relever aux généreux efforts de nos concitoyens... Que ce temple soit aux extrémités de la cité agrandie la citadelle protectrice qui défendra le pays de ses pires ennemis !... Qu’il soit à jamais la protection des petits et des faibles ; pour les éprouvés, pour les malheureux une consolation sublime ; pour tous le monumental reliquaire dont les tours ne cessent jamais de leur montrer le Ciel ! 74

La boucle est bouclée. La résurgence de saint Lambert s’accomplit au rythme du renforcement des assises politiques catholiques en Belgique, animée par sa fonction d’inertie à la laïcisation des institutions contemporaines. Et cette résurgence s’accompagne effectivement d’un relèvement et d’une transfiguration de la ruine elle-même : Par une merveilleuse rencontre, les assises sur lesquelles reposent ces tours superbes sont des pierres même de l’antique basilique de saint Lambert. Elles avaient été arrachées de ses ruines pour édifier les bastions de la forteresse, dont les canons pouvaient toujours se tourner contre la cité, elles n’abriteront plus désormais que les prières, les enseignements, le grand sacrifice de la paix, le culte du martyr de l’Évangile (Anonyme, 1898, p. 17-18).

L’inauguration du sanctuaire eut lieu le 17 avril 1897, et la consécration de l’église par l’évêque de Liège, Monseigneur Doutreloux, le 16 septembre de la même année.

Relief monumental, expression cultuelle, relief politique de l’expression catholique sont attachés par le réseau mémoriel que la démolition de la cathédrale Saint-Lambert pendant la Révolution implique, impose même. Ce cas de remémoration à travers une reconstruction monumentale est unique dans l’espace du souvenir révolutionnaire en Belgique 75.

Notes :

  1. Somville et al., 1988, p. 223 : Le renouveau de la peinture religieuse au xixe siècle constitue l’un des volets les plus marquants de la production artistique engendrée par le siècle des bourgeois. Il en est de même en architecture. Le style néogothique n’est pas né de rien, et la sensibilité catholique à l’art gothique traverse le xixe siècle. Elle est porteuse de sens politique, comme en témoigne par exemple le texte daté du 13 juillet 1857 de Stebert, où temple païen et nef gothique sont mis en opposition comme l’expression même de deux sensibilités politiques et de deux interprétations du passé :
    Oh quelle émotion profondément mystique
    On ressent à l’aspect d’une église gothique !
    Ah ! quelle différence entre la nef gothique
    Et le temple payen au fatigant portique !
    Ici tout est glacé, tout est roide, guindé :
    Le bas-relief correct sur le mur placardé,
    Les voûtes et plafonds que le marbre tapisse,
    Le trépied sur lequel se penche l’aruspice,
    Les cintres, que soutient le pilier arrondi
    Dans l’immobilité lourdement engourdi,
    Tout, dans ce grand carré ressemblant un théâtre,
    Est rempli des parfums d’un hommage idolâtre !

    [...]
    O temples radieux ! sanctuaires sacrés
    Que nos pères fondaient par la Croix inspirés !
    Combien vous apportez de douce quiétude
    À celui qui s’inspire à votre solitude,
    Et qui, sentant le poids de son abaissement
    Au pied de vos autels vient prier humblement !
    [...]
    En foulant sous mes pas tes sépulcres poudreux,
    En songeant à l’oubli des grandeurs féodales
    Qui reposent sans nom sous le granit des dalles
    De tes cloîtres romans par les vents habités
    Que du monde j’appris les tristes vanités !
    C’est là, que sous le poids d’une douleur profonde,
    J’ai vu que tout n’était que néant dans le monde,
    Là que j’ai médité sur ce grave sujet
    Dont Dieu, l’homme et sa Loi sont l’éternel objet !
    [...] (Stebert, 1867, p. 41-44)

    Évidemment, il y a des réponses libérales à cette ferveur. Un auteur anonyme évoque :
    ... le triste aspect d’un gothique manoir
    Quelques chétifs créneaux, des fenêtres sans style
    Surtout l’isolement de la moderne asile
    (sic),
    Décèle au voyageur dans ses excursions
    L’orgueil du fondateur et ses prétentions...
    (Anonyme, 1845a, p. 4)
  2. Joseph Dreppe (Liège 1737 - Liège 1810) a laissé de superbes aquarelles de la cathédrale détruite. Il est le principal illustrateur des événements révolutionnaires liégeois.
  3. ll est à noter que lors de l’exposition d’art ancien du pays de Liège en 1881 furent exposées des œuvres datant d’avant la démolition et représentant donc la cathédrale intacte. Voir Forgeur, 1962, p. 198.
  4. Il fut docteur en Sciences politiques et en droit. Le texte de Gustave Ruhl de 1904 est le fruit d’une conférence, alors que sa maquette de Liège date de 1905 (Ruhl, 1904). Sur Ruhl : Dewez et Lavoye, 1950.
  5. Deux plans utilisés pour sa réalisation se trouvent dans la salle des manuscrits de l’Université de Liège (ms. 3714).
  6. Il existe une seconde maquette de la cathédrale exclusivement, plus ample et plus récente, achevée par Joseph de la Croix en 1980 et qui est exposée au Musée d’art religieux et d’art mosan à Liège (réf. C. 207).
  7. Voir ses ouvrages déjà cités. Voir encore Forgeur, 1959.
  8. Hofstadt, 1851. En 1858, toujours à Liège, Jean-Charles Delsaux, architecte de la province de Liège et du palais provincial, publie une série de plans de restauration gothique, notamment de la cathédrale Saint-Paul et de ce palais provincial anciennement palais des princes-évêques (Delsaux, 1858).
  9. Lemeunier, 1990, p. 10-11 : L’une des personnalités majeures du mouvement historiciste en Belgique [...] grand représentant de la peinture néogothique (cité dans Somville et al., 1988, p. 224).
  10. Voir à ce titre, Fonck, 1990. Voir aussi sur ce thème Collectif, 1988. De fait, il faut ici souligner le rôle de la gilde Saint-Thomas et Saint-Luc, et de l’école professionnelle Saint-Luc, dont la première fut établie à Gand en 1862, émanation de l’Assemblée générale des catholiques de Belgique (Malines, 1862). L’école Saint-Luc de Liège date de 1880. Ces écoles accueillent des élèves qui reçoivent un enseignement artistique et religieux placé sous le signe de la fraternité chrétienne, d’où ils sortent artisans et chrétiens. Or, pour boucler la boucle, sachons que Jules Helbig, directeur de la Revue de l’art chrétien en 1881, fut l’un des animateurs du " Mouvement Saint-Luc " à Liège. Il est évident que le néogothique y trouva un terreau fertile pour sa croissance.
  11. Il s’agit de Joseph Demarteau.
  12. Sa longueur est de l’ordre de 50 m ; la largeur des nefs, 18,50 m ; la largeur du transept, 26 m ; la hauteur sous clef de voûte, 17,50 m. De fait, il y a un contraste douloureux entre les splendeurs de l’antique basilique et la simplicité, pour ne pas dire la pauvreté de la nouvelle église (Anonyme, 1898, p. 22).
  13. Anonyme, 1898, p. 15-16. Et dans ce contexte, Joseph Demarteau ajoutait : Entre les liens qui tiendront réunies en un faisceau national toutes les indépendances communales dont était constituée la principauté de Liège, et réunis tous ces territoires morcelés, si divers parfois d’institutions, d’intérêts, de mœurs, de langage, il n’y en aura pas de plus fort ni de plus respecté, que le culte commun de ce saint Lambert, enfant du pays flamand, père du chef-lieu de la Wallonie (sic) (Demarteau, 1896, p. 45).
  14. Celles justement des religieux d’oblats de Marie Immaculée.
  15. Cité par Anonyme, 1898, p. 18.
  16. À l’occasion des fêtes commémoratives de 1896, le caractère inaugural de l’expression cultuelle revivifiée a des conséquences. Une confrérie de saint Lambert qui comptait huit mille membres en 1898 fut érigée canoniquement dans la nouvelle église. Le jeudi de chaque semaine fut désormais consacré au culte de saint Lambert dans le nouveau sanctuaire. Enfin, ce dernier devint un lieu de pèlerinage entre mai et octobre pour les associations d’obédience catholique comme par exemple le pèlerinage des Patronages de jeunes gens, le 1er août 1897 ; et à partir de septembre pour les paroisses, comme celles des doyennés de Saint-Nicolas et Saint-Barthélemy le premier dimanche de septembre, et celles des doyennés de Saint-Jacques et de Saint-Martin le dimanche suivant. Un encadrement hiérarchique et calendaire contribue ainsi au renforcement du souvenir de la disparition par la pratique du culte dans le nouveau lieu de mémoire, point de convergence d’actions commémoratives, en relation constante avec l’expression politique et sociale catholique en cette fin du xixe siècle à Liège.

 

SUITE è

 

 
Réalisation : Fabrice MULLER – 2004-2007 © Trésor de la cathédrale.
Nombre de visiteurs : – Mise à jour de la page : 21-03-2009 .
FR   EN   Wallon de Liège   IT   DE   NL   LU   JP