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Feuillets N° 25-26
L'art mérovingien
par Patrick PERIN
avec la collaboration d'Alain DIERKENS
Les historiens de l'art et les archéologues ont recours à un
vocabulaire varié pour désigner les premiers siècles
du haut Moyen Age (Ve-Xe siècle), période charnière
entre l'Antiquité et le Moyen Age qui a vu la substitution à l'Empire
romain d'Occident de royaumes germaniques, les uns éphémères,
les autres plus ou moins durables.
Au terme général et prudent de "barbare" (utilisé par
le monde gréco-romain lui-même pour qualifier les peuples
qui échappaient à sa civilisation), souvent préféré à celui
de "germanique", on oppose toujours des qualificatifs "nationaux" ("franc", "alaman", "burgonde", "goth", "anglo-saxon",
etc.) dont on privilégie désormais le sens géopolitique,
au détriment d'acceptions ethniques strictes qui paraissent
de plus en plus discutables.
Pour la Gaule, les appellatifs dynastiques de "mérovingien" et
de "carolingien", bien commodes, sont toujours d'un usage
courant bien qu'ils soient en partie inadaptés dans la mesure
où leurs champs chronologiques respectifs ne coïncident
pas nécessairement avec le rythme des phénomènes
culturels.
Il convient également de noter qu'avec la notion d' "Antiquité tardive" (incluant
le concept de "paléochrétien"), qui est désormais
appliquée juqu'au vie siècle au moins, les antiquisants
annexent à juste titre le début du haut Moyen Age.
Quant à certains médiévistes, relativisant
une "renaissance carolingienne" qui a eu longtemps la faveur
en raison de l'existence de sources plus nombreuses et davantage
familières, ils réhabilitent les années 500-800:
en effet, c'est au cours de cette période que le passage de
l'Antiquité tardive au Moyen Age, amorcé au Ve siècle,
s'est accompli dans l'Occident latin, y compris dans le domaine de
la culture et de l'art, le VIlle siècle étant vu comme
un "siècle charnière".
EXTRAIT (sans les notes) DU "FEUILLETS DE LA CATHEDRALE" N°25-26.
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