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Feuillets N° 42-45
ÉDOUARD FROIDURE
(1899-1971)
Un ecclésiastique belge dans son temps
Essai de chronologie
Par Paul Gérin
La vie de l’abbé Édouard Froidure est limitée
par deux années : 1899 et 1971. Ce temps de vie s’inscrit
dans l’histoire d’un monde en mutations nombreuses, profondes
et accélérées qui expliquent en partie la personnalité de
l’abbé et son action, ou plus exactement les actions
qu’il mène dans différents domaines :
religieux, moral, civique, patriotique, social et éducatif.
Les moyens qu’il utilise sont nombreux, ils vont de la technique
pure à la psychologie appliquée.
Très vite, il s’est intéressé aux potentialités
des transports mécaniques sur route et dans l’air; il
en use, en abuse, au péril de sa vie. Très tôt
il pratique la psychologie avant de l’étudier et de
développer ses théories sur la pédagogie et
l’éducation aux valeurs des jeunes et des adultes. Il
sait ce que c’est l’entretien qu’il manie habilement
avec tous et avec ses supérieurs, que ce soit à l’armée,
dans l’Eglise ou dans le monde. Cela lui permet de trouver
sa voie et son originalité dans une époque nouvelle.
Celle de la" sécurité "internationale et
nationale. Les conventions internationales ne parviennent cependant
pas à être efficaces, les deux guerres mondiales éclatent.
Froidure s’engage pour le combat et sur le terrain des opérations.
Lors du premier conflit, il est volontaire dans l’armée
belge. Lors de la deuxième guerre, après un partage
de la brève épopée militaire belge de 1940,
il s’engage dans la résistance, il aide les parachutistes,
il envoie des renseignements aux Alliés, il cache des petits
Juifs traqués par l’Occupant.
Les mesures légales, les actions caritatives et philanthropiques
sont insuffisantes pour tout résoudre. Les événements
se précipitent: crises économiques, guerre d’Espagne,
rappel sous les drapeaux des jeunes Belges, occupation allemande,
démobilisation, démolition d’habitations à loyer
modéré pour de grands travaux. Aucune mesure d’accompagnement
social n’a été prévue. L’enfant à protéger,
le "taudisard", l’handicapé sont perçus
avec acuité par l’abbé qui agit, très
souvent, de sa propre initiative. Il n’agit pas seul et trouve
un écho favorable, auprès de responsables religieux
et politiques mais surtout auprès de" Monsieur et de
Madame tout le monde ". Il y a bien sûr une osmose entre
tout un climat culturel que l’on trouve dans les lettres, les
arts, la pensée philosophique mais aussi dans l’Église,
qui développe le laïcat, renoue avec les droits de l’homme
et, dont Froidure se veut être un serviteur fidèle.
On ne peut isoler Édouard Froidure de son contexte religieux,
culturel, national et international. On ne peut dès lors ignorer
ce contexte. C’est la raison pour laquelle, en accompagnement
de l’exposition consacrée à l’abbé Froidure,
on a établi une suite chronologique de la vie personnelle
de l’abbé, de ses livres et de son action, des institutions
qu’il a créées en rapport avec les grands moments
de la vie religieuse, de la vie culturelle au sens large du terme
(les lettres, les arts, les sciences et les techniques), de la Belgique
(politique, économique et sociale), du monde (d’un point
de vue politique, économique et social) dans la mesure où l’on
sait qu’il y a des liens entre l’abbé Froidure,
son œuvre et certains éléments de son contexte
biographique. Cette disposition typographique parallèle1 permet
de saisir de façon synoptique Edouard Froidure dans le monde
qui l’entoure, de mieux le comprendre et, finalement, de mieux
percevoir un temps qui a précédé l’exposition
mais qui fait partie de notre histoire, de l’Histoire .
EXTRAIT (sans notes) DU "FEUILLETS DE LA CATHEDRALE" N°42
- 45.
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